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La mise en réseau est une clé pour réussir le changement de paradigme

Identifier sa problématique. Agir en fonction du contexte, il n'y a pas de règle.

C'est tout à fait normal que tu te poses ces questions. J'étais arrivé avec les mêmes en 2004 au stage GEM01/GLEM, premier stage auquel je participais, premier stage organisé à Belley, et premier stage où on faisait référence explicitement à l'école du 3ème type. Nous étions une vingtaine dans l'un des 3 groupes du stage. Là, j'ai pu mettre des visages sur des noms que je connaissais depuis un an via la liste 3type que j'avais créée un an plus tôt en revenant de ..... St Satur ! Oui, du même camping où on va se retrouver début août (Woodstock). J'y avais emmené ma petite famille pour une semaine de vacances, et ainsi pu aller chez Bernard où on était quelques uns à avoir rendez-vous avec lui en vue d'écrire un livre collectif... J'y avais ainsi vu Catherine Chabrun, Philippe Lamy, Laurent Ott, Bruce et bien sûr Bernard. C'était les premiers visages que j'associais à des noms.
Avant d'en mettre davantage 2 ans plus tard au congrès de l'ICEM en 2005, j'ai ainsi pu voir en 2004 : Jean-Claude Mura et Sofi Billard (encore présents sur cette liste), Sylvain Connac et son équipe, Juliette Gasselin, Nathalie Benech, Bérangère Labalette, Yanek, Roger Beaumont ...

J'étais donc arrivé avec cette problématique : le zapping ; les échanges m'ont beaucoup apporté, je repartais de ce stage, très satisfait de cette première rencontre 3type, rempli d'énergie et avec des envies de changer des trucs dans mon fonctionnement de classe. Je ne me rappelle pas si j'avais obtenu des éléments de réponse à ma problématique. Sofi s'en rappelle peut-être...

Toujours est-il que ces éléments ne constituent pas l'essentiel de notre cheminement ; ils peuvent même être des freins s'ils sont présentés comme des vérités. C'est pour cette raison que je me suis toujours opposé lors de l'organisation des stages/rencontres, à commencer par ce Belley 2004 (où le GEM avait un petit pouvoir puiqu'il était le principal organisateur), à intituler des trucs du genre "pour débuter en pédagogie Freinet" avec inexorablement des questions des débutants et des réponses de personnes expérimentées.
Je sentais bien à l'époque déjà en tant que débutant, et le confirme maintenant avec l'étiquette d'"expérimenté", que ce sont bien les questions de ceux ou celles qui cherchent qui génèrent leur souffle et leur l'élan. Pour que cet enthousiasme, cette énergie restent féconds, il est important de ne pas les restreindre, ce que pourraient faire involontairement les "expérimentés" en apportant des réponses, qui ne peuvent d'ailleurs pas être des réponses !

Cela dit, j'aurais bien aimé que Bernard m'apporte davantage d'éléments concrets, lui qui a suivi mon cheminement depuis le début, et quasiment jour après jour.

Je vais me risquer à te répondre, même si je sais que c'est TON message qui t'aide vraiment : identifier sa problématique est le plus difficile, le plus important, et est déjà un grand pas vers sa résolution . C'est un message type de notre recherche, comme on aime en lire sur cette liste ; des messages qui sont de plus en plus nombreux, davantage encore que sur la liste 3type car davantage de personnes s'y expriment (Sofi peut en témoigner également). Je m'en réjouis.

Le seul conseil que je vais et que je peux te donner, c'est, SI TU PEUX (car ça dépend aussi de l'état de ton système), ne pas mettre de règle identique pour tous. MAIS, si tu sens que c'est important là en ce moment de mettre en place une règle identique pour touS, fais le, et tu auras raison de le faire. Ton chemin sera sans doute ensuite de faire évoluer ton système pour que ce puisse ne plus être le cas. Mais le passage à "cette étape de règle identique" aura été nécessaire dans le processus du système.

Chaque enfant est différent, chaque enfant a son propre contexte ; il faut le connaître parfaitement pour savoir si le fait de le pousser, de l'inciter fortement voire de l'imposer ait une bonne chose pour lui. La première année qu'on a un enfant, on a intérêt à être très prudent, car on ne le connaît pas. Je dis toujours qu'il faut au moins deux ans pour connaître un môme.

Cela dit, on a le droit de faire des erreurs, et ce n'est pas grave. Seule une erreur répétée de nombreuses fois a des conséquences négatives sur l'enfant. Donc, ne pas s'empêcher à imposer ! C'est un choix, c'est notre choix et il ne faut pas se l'interdire.
Ne pas oublier par contre d'évaluer les effets de notre imposition (ou d'un autre choix qu'on peut faire) afin d'améliorer la pertinence de nos interventions qui deviennent par être complètement personnalisées.
Et oui, on a affaire à du vivant, et ce qu'on fait de mieux d'ailleurs dans le domaine : l'enfant !
L'un de mes messages, mai 2014

Paroles d'enfants

(un message d'Anne GLAUD, en mars 2017)
Bonjour la liste, un petit post tout frais.
Ou comment les enfants peuvent te rassurer en 8 minutes.

Hier matin, lors des rituels du matin, nous avons discuté à propos de l'article paru sur notre école dans le journal : "La Semaine du Minervois".
(Je rappelle que les enfants de l'école ont entre 7 et 9 ans ;))

"La journaliste a écrit sur nous parce que notre école est différente".
"Dans notre école, on se déplace,il y a beaucoup de matériel et d'ateliers."
"On a le droit de se lever quand on en a besoin, et de s'aider . On travaille ensemble."
"T'imagines y a des classes où tu ne peux même pas aller aux toilettes quand tu en as envie !"
"Et même parfois tu dois rester assis à ta place jusqu'à la récré !"
"Mais quand on dit l'école, c'est qui ?"
"Le maître et la maîtresse ? les enfants ?"
"Ben tout le monde ! Nous tous, on est l'école."
" Avec le plan de travail, on peut choisir ce qu'on fait, et puis après, on part en temps personnel"
( Intervention de moi : mais alors en temps personnel on ne travaille pas ?)
"Oh là là si, il faut sortir tout ce dont on a besoin, et puis après il faut réfléchir beaucoup, hein, et se dépasser. Pffff Les projets personnels, je te dis pas !"
"En peinture l'autre jour, eh ben, je me suis concentré, c'était vraiment difficile de peindre ma chimère"
"Quand tu fais des exposés, tu cherches, tu cherches, et puis après tu dois tout remettre dans une présentation, enregistrer tes images, taper ton texte, faire tes pages... et t'entraîner à présenter l'exposé."
"Moi, en gym, je trouve que cela me demande beaucoup d'efforts. Il faut s'organiser pour les tapis, puis s'échauffer. Après il faut se mettre d'accord avec les autres, s'entraîner, aider, essayer."
(Moi : Et les jeux ?)
"Les jeux ? Bah, c'est des jeux, mais c'est du travail ! Ca nous demande des efforts, et puis on apprend des trucs ! "
"Desfois, on n'a pas l'impression de travailler, mais en fait, à l'école, on travaille tout le temps !"

"Maîtresse, des écoles comme nous, il y en a d'autres, quand même ?"

Bon, et bien me voilà rassurée !
Anne.