L'auto-correction

Les objectifs de l'auto-correction

L'auto-correction permet :

  • de soulager l'instit, qui n'a plus besoin de passer du temps à corriger ce qui n'en a justement pas besoin,
  • de faire prendre conscience à cet instit qu'il ne lui est pas indispensable de TOUT vérifier,
  • de faire prendre conscience aux enfants que TOUT ne doit pas passer par l'instit, qu'on peut faire des choses tout seul,
  • de permettre à un enfant en difficulté mais qui a réussi un certain nombre de fiches dans un fichier "facile" de (re)prendre confiance en lui, d'autant plus que ce ne sera pas l'instit qui dira "c'est bien" (l'instit voudrait bien que j'y arrive, mais moi, je vois bien que je n'y arrive pas... "), mais c'est le fichier qui lui dira "c'est juste", et ce sans état d'âme !

C'est donc, même en pédagogie disons traditionnelle, un outil d'accession à une certaine autonomie, et qui peut déboucher sur des remises en causes beaucoup plus profondes :

  • le travail sur fiches, c'est chacun ou presque qui fait un travail différent au même moment, ça touche à l'organisation du temps et de l'espace ; ça veut dire aussi, dans une certaine mesure, le choix permis pour les enfants à certains moments
  • quand on donne une certaine valeur à ce travail, mais qu'on laisse un peu faire les enfants avec, on s'aperçoit même que certains s'emparent véritablement d'un fichier pour se construire des apprentissages.

Michel Baron

On apprend en se corrigeant

Il est frappant de constater que lorsque l'on passe dans les classes qui utilisent ces fichiers, la plupart du temps, la partie autocorrection n'est pas mise à la portée des enfants. Pourtant, ce qui fait l'originalité de ces outils, c'est justement le fait que l'enfant se corrige lui-même, non pas pour décharger l'enseignant et le rendre plus disponible (bien que cela puisse avoir une conséquence non négligeable dans l'organisation de la classe) mais parce que l'enfant apprend aussi en se corrigeant.

Dans nos classes, nous considérons l'erreur comme élément positif car intégré au processus d'apprentissage par tâtonnement expérimental, contrairement à l'école traditionnelle qui l'utilise comme moyen de sélection, de notation (x points de moins par faute dans la dictée ou autres nuisance du même genre!).

Or, pour que ce processus fonctionne efficacement, encore faut-il que l'enfant aie d'une part appris à se corriger et d'autre part pris conscience de l'utilité que cette autocorrection pouvait prendre dans l'histoire de ses apprentissages. Si l'on peut facilement mettre en place dans la classe tout un environnement qui amènera l'enfant à apprendre à se corriger lui-même (et, en ce qui me concerne, j'en fais une des priorités), le deuxième point, bien que très lié au premier, pose beaucoup plus de problèmes car il est très dépendant de l'enfant lui-même et de son histoire affective (dans le cadre scolaire et familial). Il nous faut compter sur la coopération, l'entre-aide, le travail de groupe pour permettre à chaque enfant d'avancer vers cette prise de conscience qui, une chose est sûre, ne se fait pas du jour au lendemain!

Marc Quendez