La Petite Ecole qui Regarde La Montagne (Nouméa, 2016)


Une fiche de poste remarquable

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Le projet éducatif

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Le contexte à mon arrivée

Un lieu exceptionnel avec un potentiel très intéressant. Des enfants en liberté totale. Un lieu de vie dans lequel les enfants entrent, sortent quand ils veulent dans une agitation, excitation quasi permanente, et dans lequel les adultes sont en mode survie.

Des adultes qui respectent les enfants. Des enfants qui écoutent peu les personnes et ne respectent pas le matériel. Ils ont développé en 6 mois des compétences étonnantes en motricité (ils grimpent aux arbres, montent à la corde, ont un excellent sens de l'équilibre). Les enfants passent leur temps à jouer, il n'y a pas d'atelier permanent, rien ne suscite l'envie d'écrire, l'aménagement est pauvre (le matériel initial a été petit à petit retiré ou placé en hauteur).

Y avait de quoi être découragé le premier jour car je suis investi dans le projet depuis le début ; j'ai été très surpris. Depuis la réunion avec l'équipe (fondatrices et facilitateurs) et celle avec les parents, je retrouve de l'espoir et de l'énergie.

Au boulot !

Le 8 septembre 2016

Deux semaines après

L'équipe a fait évoluer le système petit à petit en douceur selon les trois objectifs suivants :
  1. Améliorer l'aménagement : agir pour que, petit à petit, chacun ait son bureau, son espace perso ; mettre en place des ateliers permanents (1), installer des activités pour les petits sur des plateaux disponibles en permanence
  2. Mettre en place une ambiance calme et posée : repenser la circulation, instaurer des règles implicites (2), faire prendre l'habitude de ranger son activité, mettre en place la technique des messages clairs, améliorer l'écoute pendant le temps du conseil quotidien
  3. Améliorer l'organisation temporelle : mettre en place un temps de lecture/pêche aux informations, un temps de créativité/production et un temps de présentation. Faire prendre conscience que tout projet motivé devient prioritaire.
(1) Mettre en place des ateliers permanents que les enfants s'approprient :

(2) Les premières règles posées ont été celles liées à la sécurité de l'atelier Bricolage. Ce sont celles-ci qui ont été acceptées par les enfants et qui ont permis par la suite d'instaurer d'autres règles (on ne sort par pieds nus, on dit où on va et ce qu'on va faire lorsqu'on sort, ...)
Le 18 septembre 2016

Bilan après 5 semaines

5 semaines se sont écoulées depuis mon arrivée. C'est le début des dernières petites vacances de l'année scolaire. Elles tombent bien, j'ai mal au dos, je suis fatigué. Avant la fin de l'année, il restera 7 semaines.

Nous sommes parvenus à convertir une agitation et une excitation quasi permanente en une ambiance sur la voie de l'apaisement. 2 décisions prises par l'équipe après 3 semaines et demi et une modification de l'emploi du temps ont permis d'avancer sur cet objectif :


Il faut continuer à traiter collectivement les problèmes de dysfonctionnement. Au niveau de la problématique de l'agitation, l'équipe utilise actuellement le retrait momentané d'une activité et du droit de se rendre librement à un atelier. L'idée est d'amener les enfants à prendre conscience de leur agitation afin de se calmer. La communauté éducative a-t-elle d'autre(s) piste(s) ?

Dans le processus 3ème type, on ne s'interdit rien, on évalue en revanche sans cesse les effets de chaque décision.

Vendredi 7 octobre 2016

Restructuration

1°) Assemblée de parents, réunion avec le CA et compte rendu distribué à tous les parents

2°) Mise en place d'une structure :


Cette structure (aménagement et organisation) permet aux enfants de se prendre en charge plus facilement.

3°) Deux rencontres avec les parents des 2 grandes qui ont demandé au final à ce qu'elles fassent tous les jours du français, de l'écrit et des maths ; dès lors, leur comportement a nettement changé, ce qui a été bénéfique pour le système.


Vendredi 28 octobre 2016

Construire avec les parents

Message envoyé au CA:
"Je me rends compte que le concept de l'école du 3ème type est mal connu.
Je redis donc que ce qui caractérise cette école, c'est sa construction collective avec sa communauté éducative : parents, adultes, professionnels et enfants.

Les enfants sont à présent en sécurité à l'école. Les dispositifs mis en place et qui ont donné ce résultat ont été faits dans l'urgence avec des décisions prises les mercredis après-midi entre les facilitateurs et les fondatrices du projet.
Dès que cela a été possible, j'ai sollicité le CA pour qu'il réaffirme le projet et cautionne ce qui a été mis en place. Ce qui a été fait.

Maintenant, nous ne sommes plus dans l'urgence puisque les enfants sont en sécurité. Il est important d'ouvrir plus largement le CA aux parents afin que se constitue une entité représentative de la communauté éducative permettant de mettre en place de manière effective cette école du 3ème type."

Vendredi 11 novembre 2016

Fin de l'aventure

Dans le message de rupture du partenariat, le CA écrivait : "Il nous parait important de souligner une nouvelle fois l'étendue et la qualité de ton apport à la petite École, du nouveau souffle que tu as inspiré au projet, à l'amélioration de l'ambiance générale et de tous les aménagements et outils mis en place. Merci pour tout cela."

Des tensions avec les fondatrices sont survenues petit à petit, liées en très grande partie à un mélange entre ce qui relève de la vie personnelle et de l'activité professionnelle avec notamment l'inclusion de mon amie au CA. Dans une moindre mesure, elles sont apparues à des résistances d'avancer avec l'ensemble des parents et à des prises de décision non démocratiques.

L'ambiance à l'école était devenue calme, les enfants en sécurité. Mais, souvent démunis et désoeuvrés, certains enfants ne développaient aucun langage, et n'étaient pas en état sécure. Les fondatrices semblaient ne pas vouloir au nom de la liberté que les enfants ne soient jamais contraints, qu'ils puissent toujours faire ce dont ils ont envie, qu'ils ne connaissent aucun sentiment désagréable, aucune frustration, y compris pour des enfants déjà formatés et enfermés dans leurs représentations. Je ne conçois pas l'accès à la liberté de la sorte : le degré de liberté s'accompagne d'un degré de maturité et de responsabilité au moins équivalent, indépendamment de toute considération d'âge.

Le projet de la PERM n'est pas un projet "Ecole du 3ème type" pour plusieurs raisons :

Trois points à retenir :
  1. Bien distinguer la vie personnelle et l'activité professionnelle
  2. Se laisser guider par le pragmatisme et le bon sens, et non par des principes idélogiques
  3. Prendre en charge ce que l'enfant ne peut pas prendre en charge, sans prendre en charge ce qu'il peut prendre en charge
Mercredi 14 décembre 2016, modifié le 21 février 2017