Guilain OMONT (ingénieur-chercheur)

2011 : les types de motivation

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Juillet 2006 : Etre à fond dedans

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Ce qui me semble essentiel à l’école, en colonie de vacances ou pour le développement personnel en général, c’est d’être “à fond” dans les activités qu’on fait. Voici mon hypothèse la plus importante : une personne qui s’investit à fond dans une activité ne perd pas son temps, même si elle en donne parfois l’impression de l’extérieur.

[modifications du 17 août 2006 : cette hypothèse est valable dans la plupart des cas, mais pas toujours ! Elle reste fondamentale, mais il faut l’exclure dans deux cas. D’une part, une personne qui s’investit à fond dans une activité peut le regretter après coup, mais recommencer quand même (par exemple, des jeux d’ordinateur). C’est un phénomène addictif et la personne veut elle-même en sortir. Dans ce cas, “être à fond dedans” n’est pas forcément constructif. D’autre part, même si la personne ne regrette pas l’activité dans laquelle elle s’investit à fond, il est parfois constructif qu’une autre personne la contraigne à se limiter dans cette activité, dans le but qu’elle s’ouvre à d’autres activités (dans ce cas, il faut que l’environnement soit stimulant, et que la personne contrainte s’approprie la contrainte de limitation très rapidement, sinon, je pense que cela ne peut pas être constructif !). Un exemple, après que des parents aient essayé sans succès que des enfants se mettent leur propres contraintes pour limiter leur temps passé devant l’ordinateur, ils leurs imposent de se limiter à 2 heures par jour, et les enfants intègrent cette limite sans que les parents aient besoin d’intervenir dans la suite…]

Mais comment aider quelqu’un à avoir envie de s’investir à fond dans une activité ? C’est ce que j’ai essayé de synthétiser dans le schéma ci dessus ! Le but est d’arriver à atteindre le rectangle en haut à droite…

Un môme dont l’environnement familial est stimulant (souvent d’un milieu socio-culturel favorisé) va pouvoir faire des activités parce qu’elles lui plaisent (case en haut à gauche). Elles sont souvent très rudimentaires, mais personne ne vient s’en offusquer. Je pense que le fait d’être à fond dans ces activités rudimentaires lui permet de développer des désirs de plus en plus élaborés (en vert sur le schéma). Ce développement des désirs lui permettra d’être à fond dans certaines des activités scolaires demandés (d’être à fond dès le début ou de prendre les “chemins bleus” du schéma). Les autres mômes risquent de ne pas avoir suffisamment de désirs pour cela…

Dans l’école traditionnelle (j’y inclus la pédagogie active), un môme commence souvent une activité parce qu’il est forcé (par la note par exemple) ou parce qu’il fait confiance au système scolaire (les 2 cases du bas à gauche). Le pari de l’instit est que le môme va découvrir que l’activité est intéressante et va s’impliquer. Il me semble que cela peut effectivement arriver… Mais :

Ce passage par la confiance (case du milieu à gauche) peut donc par exemple encourager des phénomènes sectaires… Il s’agit de faire attention ! Dans des groupes de développement personnel pour adultes auxquels je participe, on passe parfois par là. Par exemple, lorsque l’animateur propose une activité, qu’on ne la “sent” pas trop, mais qu’on l’accepte parce qu’on a un peu la flemme, et parce que le reste du groupe a l’air de trouver que c’est une très bonne idée d’activité… Il se peut alors qu’on emprunte le chemin “bleu” et qu’on se retrouve à être à fond dans l’activité. C’est une prise de conscience pour moi. J’en parlerai plus longuement dans un prochain billet :-)