retour L'école du 3ème type

Bernard Collot à l'émission "Les maternelles"

Un espace des apprentissages informels

L’école du 3ème type est une conception globale de l’école avec la finalité suivante : contribuer à la construction de l'enfant en adulte autonome, disposant des outils de l'autonomie pour être et agir dans une société où il ne sera pas passif.

Dans l'école du 3ème type, on se préoccupe en premier de la construction, de l’évolution et de la complexification des outils neurocognitifs qui permettent la compréhension du monde, l’être et l’agir dans ce monde. Le programme n'est donc pas le point d'entrée, c'est juste un référentiel. L'école devient un espace de vie dont l’environnement, l’aménagement, l’organisation vont favoriser les apprentissages dans l'informel. On peut dire que l’école du 3ème type est l’école des apprentissages informels.

L’apprentissage informel, c’est tout ce qu’on apprend en vivant, en faisant, sans le prévoir, sans même forcément savoir… qu’on a appris. Les apprentissages s’effectuent de façon indéterminée, imprévisible, sans qu’on puisse connaître par quels processus ils se sont réalisés, sans qu’on puisse connaître tous les stimuli qui les ont provoqués. Le fondement de l’apprentissage informel, c’est l’interaction avec l’environnement dans lequel on évolue et l’interrelation. Autrement dit, c'est la vie.

Les apprentissages formels ont leur place lorsqu'il y a un besoin ou du plaisir(1). Ils ont lieu après une sollicitation de l'apprenant. Le problème de la motivation n’existe donc plus.

(1) Lorsque ce n'est pas le cas, cela dessert le développement cognitif de l'enfant.

La transition

La difficulté pédagogique est beaucoup plus dans le passage d’une école des apprentissages formels (premier ou second type) à une école du 3ème type, que dans ce que doivent y faire les enseignants et les adultes qui se retrouveront eux aussi dans l’informel. La transition d’un état à un autre demande une certaine technicité (pédagogie)… et un certain temps pour tous les acteurs de l’école : temps de tâtonnement pour la transformation des représentations, des habitus, des comportements, de l’aménagement de l’espace, de l’organisation en auto-organisation.