La mise en réseau est une clé pour réussir le changement de paradigme

La méthodologie des praticiens

Celles et ceux qui changent l'école : la mutualisation de Bernard Collot

La méthodologie de la recherche dans la complexité écrite par Bernard Collot

Un outil pour questionner son fonctionnement, pour aller plus loin ...
que nous avons réalisé à plusieurs en 2009.

Un exemple concrèt donné par Francesco LEPERA qui écrit en avril 2015 "C'est arrivé chez moi ce matin, mais ça pourrait arriver en classe...". A noter que Francesco a une classe multi-âge depuis plusieurs années (du CP au CM2) dans une école à plus de 10 classes.

Capitalisation des échanges


Des échanges nécessaires pour se transformer et pour transformer dès lors qu'on s'inscrit dans le processus inhérent à la recherche d'une école du 3ème type.
Les échanges ont commencé en 2003, suite à la parution du livre "L'école du 3ème type ou la pédagogie de la mouche" aux éditions L'harmattan sur une liste intitulée "3type". Merci à Sylvain Connac qui avait compilé et archivé les messages de la première année 2003-2004 avant qu'on se retrouve en live au stage de Belley l'été 2004 qu'on appellera après Belley I.

Entre 2004 et 2008
Entre 2008 et 2009
Depuis 2009

Le moteur : les échanges

Libérer les projets personnels, 1ère étape vers le 3ème type

Bonsoir Daniel,
Bonsoir à tous,
Très difficile en effet cette plage horaire où on libère les projets personnels. On s'aperçoit que la plage est trop petite mais on n'ose pas l'agrandir, qu'il faut être de partout, que l'efficacité de cette plage ne nous saute pas eux yeux etc etc.
On passe forcément à mon avis par cette étape. Il me semble que l'une des caractéristiques de l'école du 3ème type est justement qu'elle ne s'arrête pas à cette étape. Je me souviens avoir mis cela en place lors des échanges sur la liste de diffusion sur les arbres de connaissances et ça me déroutait pas mal. Ah ces projets personnels ! Pour moi, un projet personnel, c'était forcément un gros truc ; un truc du genre "construire une piscine à la Barrios" ou "monter une pièce de théâtre". J'ai intégré plus tard que ce n'étais pas forcément ça.
Puis, petit à petit, j'ai pu intégrer les projets personnels dans le PdT autrement dit avec les fichiers auto-correctifs et d'autres activités comme celles sur ordi. Du coup, ça m'a libéré un peu (les "gros" projets personnels étaient moins nombreux et je n'étais pas ou moins désemparé) ... puis, petit à petit toujours, j'ai osé agrandir cette plage horaire (notamment parce qu'un jour Heidi était en plein dans son écrit, que la plage était terminée, qu'on allait passer à la plage math et que j'ai vu sa déception dans ses yeux). Ainsi, de fil en aiguille, cette place a concerné toute la matinée.
L'histoire, la géo, les sciences, l'Arts Plastiques étaient alors encore distincts (réservé à l'après-midi). Et j'ai rencontré Philippe L. qui, lui, avait déjà franchi le pas pour passer à toute la journée. Ce qui a tout changé puisqu'alors le problème du temps n'existait plus ou du moins beaucoup moins. Un copain, David du GEM, m'a également fait comprendre qu'on avait du temps, que l'essentiel n'était pas de faire beaucoup de choses en peu de temps. Le cartésien et l'informaticien que j'étais avait alors eu besoin de prendre conscience de ça (ce qui fut d'ailleurs une sacré déconstruction personnelle).
De nombreux problèmes d'organisation disparaissaient et l'auto-organisation à travers les réunions quotidiennes a pris place.
L'un de mes messages, 2006

Identifier sa problématique. Agir en fonction du contexte, il n'y a pas de règle.

(...) Mais j'ai quelques interrogations :
  1. ils ont du mal ( surtout les GS / Cp) à se tenir à un atelier : ex Clément qui commence son travail sur le radiologue mais ensuite si il voit un copain qui est aux légos.. ben il voudrait bien y aller aussi et a tendance à bâcler la fin du texte. J'ai bien précisé au début qu'il fallait finir ce qu'on avait commencé, mais j'ai peur qu'ils ne partent plus que sur des ateliers "simples" ( style peinture, légo ).
  2. J'ai du mal avec la "consommation d'activité" : 2 élèves ont voulu faire 1 bricolage, où on représente en mousse des drapeaux. Elles ont fait ça vite fait, pressées de voir le résultat... J'aurai aimé les voir faire de la géométrie pour tracer les rectangles .. mais non ! A main levée, ça leur a suffit... et du coup elles m'ont fait au moins 10 drapeaux.. m'ont utilisé la 1/2 du stock de mousse .. J'étais un peu contrariée. Quel retour sur ces ateliers ? Quelle exigence ?
  3. et pour celui qui n'a fait que des légos tous les jours.. je fais quoi ??? Faut-il obliger à une rotation ?
Par contre je ne m'attendais pas à ce que soit aussi calme ( mis à part ceux qui font musique, mais avec les beaux jours, le préau va être utilisé..)... C'est une bonne surprise.

A celles et ceux qui les ont mis en place, est ce le temps qui règle cela ? Où faut-il un peu cadrer ? ou laisser un peu plus faire ??
C'est tout à fait normal que tu te poses ces questions. J'étais arrivé avec les mêmes en 2004 au stage GEM01/GLEM, premier stage auquel je participais, premier stage organisé à Belley, et premier stage où on faisait référence explicitement à l'école du 3ème type. Nous étions une vingtaine dans l'un des 3 groupes du stage. Là, j'ai pu mettre des visages sur des noms que je connaissais depuis un an via la liste 3type que j'avais créée un an plus tôt en revenant de ..... St Satur ! Oui, du même camping où on va se retrouver début août (Woodstock). J'y avais emmené ma petite famille pour une semaine de vacances, et ainsi pu aller chez Bernard où on était quelques uns à avoir rendez-vous avec lui en vue d'écrire un livre collectif... J'y avais ainsi vu Catherine Chabrun, Philippe Lamy, Laurent Ott, Bruce et bien sûr Bernard. C'était les premiers visages que j'associais à des noms.
Avant d'en mettre davantage 2 ans plus tard au congrès de l'ICEM en 2005, j'ai ainsi pu voir en 2004 : Jean-Claude Mura et Sofi Billard (encore présents sur cette liste), Sylvain Connac et son équipe, Juliette Gasselin, Nathalie Benech, Bérangère Labalette, Yanek, Roger Beaumont ...

J'étais donc arrivé avec cette problématique : le zapping ; les échanges m'ont beaucoup apporté, je repartais de ce stage, très satisfait de cette première rencontre 3type, rempli d'énergie et avec des envies de changer des trucs dans mon fonctionnement de classe. Je ne me rappelle pas si j'avais obtenu des éléments de réponse à ma problématique. Sofi s'en rappelle peut-être...

Toujours est-il que ces éléments ne constituent pas l'essentiel de notre cheminement ; ils peuvent même être des freins s'ils sont présentés comme des vérités. C'est pour cette raison que je me suis toujours opposé lors de l'organisation des stages/rencontres, à commencer par ce Belley 2004 (où le GEM avait un petit pouvoir puiqu'il était le principal organisateur), à intituler des trucs du genre "pour débuter en pédagogie Freinet" avec inexorablement des questions des débutants et des réponses de personnes expérimentées.
Je sentais bien à l'époque déjà en tant que débutant, et le confirme maintenant avec l'étiquette d'"expérimenté", que ce sont bien les questions de ceux ou celles qui cherchent qui génèrent leur souffle et leur l'élan. Pour que cet enthousiasme, cette énergie restent féconds, il est important de ne pas les restreindre, ce que pourraient faire involontairement les "expérimentés" en apportant des réponses, qui ne peuvent d'ailleurs pas être des réponses !

Cela dit, j'aurais bien aimé que Bernard m'apporte davantage d'éléments concrets, lui qui a suivi mon cheminement depuis le début, et quasiment jour après jour.

Je vais me risquer à te répondre, même si je sais que c'est TON message qui t'aide vraiment : identifier sa problématique est le plus difficile, le plus important, et est déjà un grand pas vers sa résolution . C'est un message type de notre recherche, comme on aime en lire sur cette liste ; des messages qui sont de plus en plus nombreux, davantage encore que sur la liste 3type car davantage de personnes s'y expriment (Sofi peut en témoigner également). Je m'en réjouis.

Le seul conseil que je vais et que je peux te donner, c'est, SI TU PEUX (car ça dépend aussi de l'état de ton système), ne pas mettre de règle identique pour tous. MAIS, si tu sens que c'est important là en ce moment de mettre en place une règle identique pour touS, fais le, et tu auras raison de le faire. Ton chemin sera sans doute ensuite de faire évoluer ton système pour que ce puisse ne plus être le cas. Mais le passage à "cette étape de règle identique" aura été nécessaire dans le processus du système.

Chaque enfant est différent, chaque enfant a son propre contexte ; il faut le connaître parfaitement pour savoir si le fait de le pousser, de l'inciter fortement voire de l'imposer ait une bonne chose pour lui. La première année qu'on a un enfant, on a intérêt à être très prudent, car on ne le connaît pas. Je dis toujours qu'il faut au moins deux ans pour connaître un môme.

Cela dit, on a le droit de faire des erreurs, et ce n'est pas grave. Seule une erreur répétée de nombreuses fois a des conséquences négatives sur l'enfant. Donc, ne pas s'empêcher à imposer ! C'est un choix, c'est notre choix et il ne faut pas se l'interdire.
Ne pas oublier par contre d'évaluer les effets de notre imposition (ou d'un autre choix qu'on peut faire) afin d'améliorer la pertinence de nos interventions qui deviennent par être complètement personnalisées.
Et oui, on a affaire à du vivant, et ce qu'on fait de mieux d'ailleurs dans le domaine : l'enfant !
L'un de mes messages, mai 2014

Paroles d'enfants

Bonjour la liste, un petit post tout frais.
Ou comment les enfants peuvent te rassurer en 8 minutes.

Hier matin, lors des rituels du matin, nous avons discuté à propos de l'article paru sur notre école dans le journal : "La Semaine du Minervois".
(Je rappelle que les enfants de l'école ont entre 7 et 9 ans ;))

"La journaliste a écrit sur nous parce que notre école est différente".
"Dans notre école, on se déplace,il y a beaucoup de matériel et d'ateliers."
"On a le droit de se lever quand on en a besoin, et de s'aider . On travaille ensemble."
"T'imagines y a des classes où tu ne peux même pas aller aux toilettes quand tu en as envie !"
"Et même parfois tu dois rester assis à ta place jusqu'à la récré !"
"Mais quand on dit l'école, c'est qui ?"
"Le maître et la maîtresse ? les enfants ?"
"Ben tout le monde ! Nous tous, on est l'école."
" Avec le plan de travail, on peut choisir ce qu'on fait, et puis après, on part en temps personnel"
( Intervention de moi : mais alors en temps personnel on ne travaille pas ?)
"Oh là là si, il faut sortir tout ce dont on a besoin, et puis après il faut réfléchir beaucoup, hein, et se dépasser. Pffff Les projets personnels, je te dis pas !"
"En peinture l'autre jour, eh ben, je me suis concentré, c'était vraiment difficile de peindre ma chimère"
"Quand tu fais des exposés, tu cherches, tu cherches, et puis après tu dois tout remettre dans une présentation, enregistrer tes images, taper ton texte, faire tes pages... et t'entraîner à présenter l'exposé."
"Moi, en gym, je trouve que cela me demande beaucoup d'efforts. Il faut s'organiser pour les tapis, puis s'échauffer. Après il faut se mettre d'accord avec les autres, s'entraîner, aider, essayer."
(Moi : Et les jeux ?)
"Les jeux ? Bah, c'est des jeux, mais c'est du travail ! Ca nous demande des efforts, et puis on apprend des trucs ! "
"Desfois, on n'a pas l'impression de travailler, mais en fait, à l'école, on travaille tout le temps !"

"Maîtresse, des écoles comme nous, il y en a d'autres, quand même ?"

Bon, et bien me voilà rassurée !
Anne.

Exemple de moment champagne

Bonsoir à tous,

Pour rappel, j'ai un CE-CM depuis la rentrée de septembre et je galère quotidiennement parce que c'est pas simple de gérer 4 niveaux en passant après une collègue qui a laissé une situation ...compliquée (énorme manque de confiance, retards scolaires, pas le droit de faire des erreurs...)

Mercredi : j'entends à la radio que c'est la journée du compliment. Hop, j'en parle à mes élèves en arrivant dans la classe. On se donne la matinée pour faire un compliment à quelqu'un de la classe. On fera le point à 11h50.

Temps de production d'écrits : je leur demande de rédiger un compliment. Il restait à peine 10 min. Tout le monde réussit à écrire un petit texte en fonction de son niveau.

Récré : il pleut trop, on ne sort pas... Je leur rappelle que la récré est le moment idéal pour aller voir la personne à qui faire un compliment. Et je les vois arrêter leurs jeux, dessins et autres, se déplacer voir les uns ou les autres pour faire leur compliment.
11h50 :
- maitresse, t'as dit qu'on ferait le point sur la matinée des compliments.
- Ok, on s'arrête. Qui a fait un compliment ?
Tout le monde lève la main.
- Qui a reçu un compliment ?
Tout le monde lève la main.
- Qu'avez-vous ressenti ?
- ça fait chaud à l'intérieur/ j'étais contente/ j'étais un peu embarrassé parce qu'on n'a pas l'habitude.
- Si ça fait du bien à tout le monde, est-ce qu'on ne pourrait pas recommencer demain ?
- OUI!!!!!!
L'un des messages d'Anne GLAUD, en mars 2017)

Aujourd'hui, nous faisons notre première recherche mathématiques (nous avions fait les créations mardi. Ils avaient choisi leur recherche.)
Ca n'a pas fonctionné pour tous mais :
- Lora, CM1 a entrepris de construire une table de pythagore avec des -. Elle se rend compte que ça ne fonctionne pas. Elle fait plusieurs essais puis me dit "ben maitresse, avant zéro, y'a des chiffres. ça recommence dans l'autre sens!" Elle reconstruit une nouvelle table avec des nb négatifs!!!
- Tristan, CE1 cherche le résultat de 8X8. Il me dit qu'il connait déjà 2X8. S'il le fait plusieurs fois, il pense trouver le résultat. Il trouve. Je lui demande, ok, peux tu trouver le résultat de 9X 9 ou 7X7 en utilisant la même technique ?
Il me répond, ben non, c'est pas possible mais par contre, je peux trouver 4 X 4 parce que 2X2, ça fait 4!!!
- 5 CE cherchent à écrire les maisons des doubles. Ils commencent à 2. Dans cette maison, ils veulent écrire tous les nombres de 0 à ceux à 4 chiffres qui s'écrivent avec des 2 ou des 0. Ils cherchent chacun de leur coté puis se retrouvent autour du tableau pour commencer une liste. Ils n'ont pas terminé. Ils se sont rendus compte qu'ils ne s'y retrouvaient pas et qu'ils devaient trouver une façon d'organiser les nombres. La suite demain !!!!
L'un des messages de Karine F., mars 2017